Au Secours des Lions

Le soleil se levait tel un disque flamboyant sur l'horizon du désert. Le ciel rougeâtre fut traversé par de grand nuage d'oiseaux colorés. Il y avait peu d'arbres et lorsque le soleil apparut entièrement, une chaleur pesante s'abattit sur le pays. Un avion se posa sur la piste de Kinshasa et une multitude de passagers en descendit parmi lesquels un couple de français, accompagnés de leur fille Laure. L'homme était grand, il avait des yeux verts et déjà quelques cheveux blancs apparaissaient malgré ses quarante ans.

Il possédait une forte carrure qui le faisait ressembler à un gros ours en peluche. A ses cotés, sa femme légèrement plus petite était beaucoup plus fine que lui. Ses profonds yeux bleus et ses traits fins exprimaient toute la douceur qu'elle avait en elle.De longs cheveux couleur dorés tombaient sur ses fines épaules. Une jeune fille se tenait légèrement en retrait, observant le ciel, la main posé sur son front. Ses cheveux noirs relevés dégageaient parfaitement son visage.

Elle était vêtue d'un tee-shirt et d'une longue jupe. La lumière du soleil faisait scintiller de mille feux la tôle des avions. Laure observa encore quelques instants le ciel immensément bleu puis finit par posé son regard sur la Jeep garée près de l'aile gauche de l'avion. Un homme d'une quarantaine d'années à la peau noire tenait le volant et leur fit signe d'approcher.

_ Je suis Kenata, fils de Mineas. Si vous voulez bien, je vais vous conduire jusqu'à notre village.

C'est un honneur pour toute notre communauté d'accueillir des scientifiques de votre renommée. Le père de Laure et Kenata se dévisagèrent. Ce dernier sourit gentiment et une lueur mystérieuse traversa ses yeux en s'y noyant. Laure, à son tour lui adressa un timide sourire et tous montèrent dans la voiture. Kenata chargea les bagages dans le coffre. Des peaux tannées avaient été déposées sur les sièges. Elles ressemblaient étrangement à du cuir surmonté d'épaisses fourrures.

_ Je vous conduis dans notre village. Notre chef vous à fait bâtir une hutte pour que vous puissiez vous installer à votre aise. Annonça Kenata tout en démarrant la Jeep

_ Et notre étude, j'avais demandé que l'on nous prépare un endroit pour travailler sur nos recherches. Demanda Nicolas tout en regardant avec attention les peaux de bêtes.

_ Une tente a été dressée pour que vous puissiez y installer votre centre de recherche. Répliqua sèchement l'homme tout en essayant de maneuvrer correctement sans toucher la passerelle de l'avion.

_ Pendant que vous travaillerez, je suis sûr que votre fille sera très intéressée par la culture Masais. Reprit Kenata d'une voix à présent agréable

_ La culture Masais ? Demanda Laure piquée par la curiosité

_ Les Masais étaient de grands guerriers autrefois, maintenant il ne reste ici que quelques villages qui continuent à vivre selon les rites masais. La route était déserte, sur la gauche comme sur la droite, la savane s'étendait à perte de vue.

Un léger vent chaud se mis à souffler caressant le visage de Laure. Un troupeau d'antilopes galopaient au loin. Laure regardait à travers une paire de jumelles. Elle pouvait voir chaque animaux elle observait, admirait l'étendu sauvage qui s'offrait à elle. Elle sentait monter en elle un étrange sentiment de liberté. A partir de cet instant, elle était libre, libre de se promener à travers la savane. Elle se voyait montant sur le dos des antilopes comme on monte sur un cheval, caressant la crinière des lions sauvages

_ Laure ? Laure ? Redescend sur terre nous sommes arrivés. La Jeep s'arrêta dans un village à la lisière d'une forêt. Un vieil homme sortit d'une hutte, avança péniblement jusqu'à la voiture s'aidant d'un bâton pour marcher. Ses jambes fatiguées, tremblaient à chacun de ses pas. Il avait les mêmes traits que Kenata, mais plus marqués par la vieillesse.

_ Je suis heureux de vous voir. Vous n'avez pas changé Amélie, vous non plus Nicolas. Je vois que vous avez emmener votre fille. Je pense qu'elle s'entendra bien avec les jeunes gens de ce village même si beaucoup sont partis à Kinshasa. Ils préfèrent la ville. Soupira Mineas d'un air las. Un garçon d'une quinzaine d'année s'approcha, dévisagea Laure puis détournant les yeux, il se mit à parler à l'oreille d'un de ses amis qui l'accompagnait dans une langue étrangère.

Laure supposa qu'il s'agissait de la langue régionale parlée dans cette partie du Zaïre. Il avança alors vers Laure et se mit à lui parler. Sa voix trahissait une certaine anxiété mais il parvint malgré tout à la contrôler.

_ Je m'appelle Julien et voici mes amis Salomon et Kinfaja. Viens avec nous, nous te ferons faire le tour du village.

_ Moi c'est Laure, j'ai 15 ans.

_ D'où est ce que tu viens ? demanda Salomon

_ De Paris c'est une très belle ville.

_ J'y suis déjà allé, ma mère est belge. Elle vient de Liège. Julien passa du rouge au cramoisi. Il avait du mal à soutenir le regard de Laure, sa gorge était sèche et des bouffées de chaleur montaient en lui. Kinfasa secoua violemment l'épaule du jeun homme.

_ Allez, vient ! Ils partirent en direction de la forêt. Laure les regarda s'éloigner. Elle aussi, elle ressentait d'étranges sentiments à l'égard de Julien. Son cœur battait à vive allure et elle ne pouvait détacher son regard du jeune homme.

Celui-ci se retourna et lui sourit. Laure et ses parents allèrent dans leur hutte et y restèrent jusqu'en fin d'après-midi. Le soleil avait déjà baissé et commençait à prendre une couleur orangée. Kenata vint les chercher pour le repas de bienvenue que le village avait organiser. Une fois installés, les femmes apportèrent plusieurs plats typiques puis Kenata prit la parole :

_ Voici notre boisson traditionnelle. Il s'agit d'un mélange de lait caillé et de sang de vache. Ajouta-t-il à l'intention de ses ôtes. Laure repoussa le verre qu'elle tenait avec dégoût

_ Je suppose que vous allez commencer votre étude de notre faune dès demain ? reprit Kenata

_ Effectivement, le monde scientifique a encore beaucoup a apprendre des prédateurs qui peuplent la savane.

_ Et moi ? Vous comptez me laissez toute seule dans ce village ? demanda laure

_ Oui tu resteras ici, les femmes du village t'apprendront à faire des colliers de perles et puis tu as l'air de bien t'entendre avec Julien alors de quoi te plains-tu ? rétorqua Nicolas

_ Mais je veux aller dans la savane et voir des animaux sauvages !

_ C'est notre métier Laure point bas je ne veux plus rien entendre ! Ordonna Amélie d'un ton autoritaire. Le repas se poursuivit sans autres incidents. Minuit était passé depuis bien longtemps quand le village s'endormit. La pénombre était telle que personne n'aurait pu apercevoir le mystérieux personnage qui se glissa hors du village sans bruit.

Les mois passaient, parfois ils semblaient trop longs pour Laure et d'autres fois trop court. Julien apprenait les coutumes zaïroises à sa nouvelle amie. Avec Salomon, ils avaient tous les trois visiter Kinshasa et la forêt qui se trouvait près du village. Aujourd'hui, ils devaient amener Laure dans la savane afin qu'elle puisse enfin voir de vrais animaux sauvages. Le jour de leur petit safari, Kenata retrouva Laure et julien à l'entrée du village pour leur annoncer que Salomon ayant attrapé un virus, il avait été conduit à l'hôpital

_ Il ne pourra pas venir avec vous, donc à moins que vous ne vouliez laisser tomber votre expédition d'aujourd'hui, c'est moi qui vous accompagnerais au premier point d'eau. Mais vous devrais rentrer à pied. Il n'y a q'une dizaine de kilomètres jusqu'au premier village

_ Ce n'est pas grave, que Salomon se repose, c'est gentils a vous de nous accompagner mon père. Les kilomètres qui séparés le village du point d'eau de la savane semblaient pour Laure une éternité. Le vent emmêlait ses cheveux. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, Kenata leur répéta encore une fois de ne pas trop s'approcher des animaux puis repartit

_ Que fait-on à présent ? demanda laure

_ Viens avec moi tu va enfin pouvoir observer des lions Ils s'installèrent derrière des fourrés et heureusement pour eux, ils n'eurent pas longtemps a attendre. Une lionne s'approcha lentement de l'eau limpide, s'y regarda quelques instants puis baissant la tête, elle lapa rapidement le liquide. Sa crinière dorée flottait au vent. Un craquement se fit entendre, provenant des herbes.

La lionne redressa la tête, en alerte, il ne s'agissait pas pour elle d'un bruit familier. Une détonation retentit, suivit d'un long rugissement plaintif. Le félin était blessé à la patte. Laure sortit du fourré et essaya d'approcher l'animal. Elle savait que si personne n'arrêtait l'hemoragie, elle mourrait. Julien sortit à son tour des fourrés. Il regarda tristement l'animal couché sur le sol se vidant de son sang. Il n'y avait plus rien à faire et tous deux le savaient. Laure pleurait doucement, les yeux posés sur la terre qui se faisait toujours plus rouge. Julien s'approcha lentement et enlaça Laure tendrement pour la consoler. Cette dernière se détacha de son étreinte et s'agenouilla près du corps inerte. Elle se mit à le caresser doucement lui murmurant à l'oreille puis se relevant, elle demanda à rentrer.

_ On doit aller voir mes parents et ton père pour tout leur raconter ! Julien acquiesça d'un signe de tête. Après deux heures de marche, ils arrivèrent enfin à Lampaloya un petit village. Ils demandèrent à un ami de Julien de les acompagner dans leur village. Une fois arrivés, ils durent attendre que les parents de Laure reviennent.

_ Maman, cria Laure, il y a des braconniers dans la savane, ils…ils ont abattu un lion devant nous !

_ Calme-toi, nous sommes au courant et Kenata a envoyé des hommes à leur recherche. Laure, est ce que vous les avez vu ?

_ Non, mais comment le savait vous ?

_ Une des lionnes à qui nous avions posé de petits émméteurs a disparue. En attendant, vous devriez rentrer. Nous vous appellerons à l'heure du repas. Ils rentrèrent chacun dans leur hutte. En milieu d'après-midi, Kenata et ses hommes revinrent avec plusieurs policiers.

_ Laure ! Julien ! Vous pouvez venir s'il vous plait ?

_ Bonjour jeunes gens. Je suis le capitaine de la brigade de protection de la savane. En ce moment, nous essayons de coincer une bande de braconniers qui capturent des lions pour les revendrent à des cirques européens. Etant donné le fait que vous avez assisté à l'une de leur intervention. J'aimerais que vous veniez faire une déposition.

_ Oui mais vous les avait retrouver ?

_ Pas encore. Les deux amis racontèrent au capitaine le peu de chose qu'ils savaient et lorsqu'il fut parti, Nicolas demanda à sa fille de bien vouloir aller préparer sa valise.

_ Nous partons à la fin de la semaine car notre année d'étude est terminée. La veille de leur départ, un grand repas fut organiser. Le lendemain dans la soirée, sous une pluie battante Laure et ses parents atterrirent à l'aéroport de Roissy. Quelques jours plus tard, Laure fut étonner de voir Kenata aux informations. Ils avaient enfin arrêter les braconniers. A cet instant la sonnette retentit.

Elle alla ouvrir et sur le pas de la porte Julien et sa mère. Ils venaient habiter à Paris et avaient tenus à rendre visite à la famille de Laure ou comme on les appelait à présent au village " Les sauveurs de lions"