Elle
Elle voulait poser ces mots, les rendre indélébiles, ineffacables, inaltérables. Elle cherchait la voie qui mène au mépris du désir et des sentiments sans jamais y parvenir. Les bribes de ce silence d'outre-tombe, installe en elle l'avènement d'un nouvel ordre.
Sa fierté a resurgit du néant. Une douce froideur enveloppe ses humeurs. Elle règne, maitresse inconditionnelle des larmes transformées en rivière, qui ont chaque jour un peu plus transpercées son corps et transcendées son âme. Elle règne, déesse de l'oubli. Elle a oublié le son de ta voix lorsque tu me parlais. Elle a oublié la couleur de ton regard lorsqu'il se posait sur elle indifféremment.
Elle espérait t'effacer comme une exquise ratée mais tu restes inachevé. Elle espérait pouvoir croire en ta mort mais ton fantôme reste figé dans l'absence.
Aujourd'hui elle m'écoute, elle t'écoute. Quand j'appelle à la joie, elle s'entend pleurer. Chaque sourire la maltraite, pire que les coups, il la rend plus vulnérable. Cette fragilité n'est autre que le joug sous lequel tu l'as asservi.
Aujourd'hui adossée contre la fenêtre, elle regarde le ciel pleurer. Le théâtre qui se joue ne sera pas une comédie mais l'une de ces tragédie, où chacun connaît son rôle, où chacun connaît la fin.
Non après tout c'est déjà la fin